
Bienvenue sur le blog du CDI de l'ESAAT ou Ecole Supérieure des Arts Appliqués et du Textile, située à Roubaix. Diverses informations sur la vie du Centre de Documentation et d'Information (CDI), mais aussi sur l'établissement et la vie culturelle à l’échelle régionale et nationale vous seront régulièrement proposées sur ce site. Nous mettons également à votre disposition plusieurs ressources utiles permettant de faciliter votre parcours parmi les livres et le savoir.

Le sport est en danger !
09 mai 2012
La chaîne Arte a présenté, ce mardi 08 mai 2012, un reportage intitulé « sport mafia et corruption ». Son réalisateur, Hervé Martin Delpierre a sillonné la planète pour enquêter sur les paris sportifs, en ligne.
Le Constat :
le tableau, qu’il nous dresse, est accablant et devrait inciter les téléspectateurs et les supporters à réfléchir sur la nature actuelle du sport professionnel. En effet, les chiffres sont vertigineux. L’année 2011 constitue un tournant : les paris sportifs ont engendré plus de 500 milliards de dollars de chiffre d’affaires annuel, à travers 15 000 sites dont 85% sont illégaux ; 140 milliards de dollars sont blanchis dans ces jeux, chaque année, par les mafias. 50% des mises concernent le football ; un milliard pour la seule finale de la ligue des champions.; 400 matchs de football truqués en Europe ; de nombreuses inculpations (50 personnes en Belgique, 65 en Allemagne, 85 en Turquie, 50 en Grèce, 35 en Italie...). Ce phénomène concerne l’élite mais aussi les petits de clubs de 3ème, 4ème division. En effet, les mafieux s’en prennent tout particulièrement aux
joueurs vulnérables, mal payés. Perdre un match peut rapporter plus parfois que de le gagner, contrairement au dopage qui lui vise à tricher pour gagner. La mafia qui tissait des liens étroits avec Maradona et l’équipe de Naples, pervertit maintenant le sport à grande échelle, grâce à Internet. On parie sur tout ; la victoire, la défaite ou le nul, mais aussi sur le nombre de buts, de cartons jaunes et rouges. Le nouveau procédé intitulé « live betting » ou « live bet » permet, comme la traduction l’indique, de parier en direct à partir de son ordinateur, pendant toute la durée du match de football ou de tennis. Les mafieux privilégient les matchs où les cotes sont très serrées. Ils récupèrent ainsi, quelque soit le résultat, au moins 60 à 70 % de leur mise, mais l’argent est blanchi cette fois-ci. Pour gagner plus et ne miser que sur un résultat, ils soudoient les joueurs, les entraîneurs, les arbitres…
Les solutions :
La répression : L’enquête le montre très bien, il est très difficile de remonter les différentes filières de l’argent. L’argent laisse peu de traces. D’autant que les mafieux embauchent des petites mains qui parient des petites sommes et qui ne connaissent pas leurs chefs. De nombreux sites sont hébergés en Chine à Hongkong Une véritable guerre s’engage entre les mafieux qui font appel à des hackers surdoués et les services de l’état via. Interpol qui travaillent en étroite collaboration avec certaines fédérations sportives. Malheureusement, nous constatons que les criminels sont repérés souvent par hasard, suite à une écoute téléphonique concernant, par exemple, une histoire de prostitution. Les infractions constatées semblent donc minimes par rapport à la réalité Il faut multiplier les sanctions pénales contre les fraudes sportives. Les fédérations doivent punir les sportifs incriminés. L’Etat doit inscrire dans son code pénal des sanctions contre les criminels mafieux. Il y a en France un vide juridique complet par rapport à ce nouveau phénomène. Il apparaît nécessaire de créer une autorité de régulation dans chaque pays.
La prévention : D’un autre côté, il faut aussi aider les sportifs qui sont pour la plupart très jeunes, fragiles car confrontés
à des sommes extravagantes et qui rencontrent des gens crapuleux. Il faut les rendre attentifs à ces dangers, leur dire qu’une fois l’argent facilement gagné, le mafieux ne les lâche plus. Certaines fédérations contrôlent étroitement la vie des sportifs et celle de leur entourage (téléphone sur écoute, surveillance des comptes, des trains de vie…), comme les jockeys en Angleterre.
Le sport professionnel est devenu un véritable show avec une importante mise en scène et beaucoup d’argent. L’argent rime rarement avec la morale et entraîne de nombreuses dérives sous forme de triche comme le dopage et la pression de la mafia…
Vous pouvez voir et revoir ce documentaire pendant une semaine, sur le site de la chaîne.
Pascal Broutin
Sport et science
18 avril 2012
Le numéro 1034 de la revue Textes et documents pour la classe se penche sur les rapports entre sciences et sports. Les technosciences révolutionnent le monde du sport pour le meilleur et pour le pire. Les enjeux financiers et politiques du sport sont si importants que les entraîneurs de toutes les disciplines sillonnent le monde à la recherche de nouvelles matières, de nouveaux dopants... Les clubs sportifs deviennent de véritables entreprises de spectacle qui doivent être rentables. Dans ce domaine, l’argent passe aussi devant l’humain..
Les auteurs remontent cette collaboration au 19ème avec le développement du sport et la différenciation des différentes sciences. Parmi les pionniers, le suédois Per Henrik Ling propose des exercices de gymnastique en relation étroite avec notre anatomie. La guerre froide puis l’arrivée massive de l’argent vont inciter à l’optimisation de la préparation des athlètes. Les recherches se sont développés dans
différents domaines comme la biomécanique, la neurophysiologie, la biologie, la chimie mais aussi la psychologie par exemple, la psychologie sociale s’intéresse aux rapports entre l’entraîneur et les sportifs, aux relations au sein des équipes, à la préparation mentale avant l’épreuve. La biomécanique précise les procédures de renforcement musculaire, d’assouplissement. Les neurosciences permettent de prendre en compte régulations, équilibrations, processus de contrôle moteur. L’imagerie scientifique, le numérique permettent de décomposer les mouvements pour permettre à l’athlète de se rapprocher du geste idéal. Mais la recherche du dépassement de soi ne connaît plus de limites et on est en droit de se poser des
questions à la fois sur les risques mais aussi sur les retombées bénéfiques de ces recherches. Comme tout progrès, le sport de compétition peut être envisagé sous deux angles.
En effet, nous bénéficions des applications de certaines de ces recherches dans notre
quotidien. Les recherches menés avec les industries ont permis de mettre au point des textiles innovants. La diététique du champion nous apprend des choses sur notre propre nutrition. Le handisport encourage les recherches qui peuvent avoir des retombées positives pour l’ensemble des handicapés. Oscar Pistorius est le premier athlète handicapé des deux jambes à participer aux championnats du monde des valides. Pour La Fédération internationale d’athlétisme (IAAF), les fines prothèses en fibre de carbone représentent un avantage sur les personnes valides. Malgré de nombreux déboires juridiques, il participe aux championnats du monde de Daegu en 2011. Il atteint la demi-finale. Des innovations matérielles ont permis d’améliorer des performances. :le remplacement du sable par des matelas en saut en hauteur ou à la perche, la qualité des sols pour la course, des équipements comme les chaussures, les combinaisons des nageurs, les skis, les raquettes… De son côté, l’entraînement devient un travail systématique, scientifiquement fondé.
Malheureusement, ces entraînements débouchent aussi sur la production d’un homme aux qualités supérieures, dont le corps ne représente qu’une machine, telle que la définissait Descartes. Et, si
l’homme est une machine, on peut améliorer ses performances. On assiste ainsi à de nombreuses dérapage comme le dopage. Les « meilleures » médecins se trouvent malheureusement, dans le domaine du sport, domaine très lucratif. La science synonyme de progrès pour les performances mais pas vraiment de progrès pour l’homme. La rudesse des entraînements, le dopage débouchent sur la souffrance et la négation du corps. On parle dans le domaine du sport d’anorexie, de dysmorphie chez les jeunes gymnastes féminines. Les hommes ne sont pas en reste et souffrent du « complexe d’Adonis ». Ils soumettent leur corps à un entraînement musculaire intense mais aussi à des diètes pour diminuer leur masse graisseuse. De plus, ils font le plein de protéines de compléments alimentaires et de stimulants Les produits
dopants à base de testostérone ou de mandrolone ont des effets néfastes pour la santé : hypertension artérielle, accidents cardiovasculaires, lésions hépatiques, déficit de la fertilité. La mandrolone augmente la masse musculaire mais ne développe pas les tendons d’où des risques d’accidents musculo-articulaires. De son côté, la thérapie génique envisage l’insertion d’une gêne dont l’expression offre la possibilité d’améliorer la performance physique. Des expériences très probantes ont été menées sur la souris qui, après avoir subi une transgénèse, voyait ses capacités physiques se démultiplier. Elles sont deux fois plus endurantes et rapides qu’une souris normale Un journaliste pose cette question intéressante : peut-on gagner en puissance sans gagner en sagesse ?
Nous constatons une évolution du sport concomitante à celle de nos sociétés. La science comme le sport reflètent notre société. Au début du 19ème siècle, le sport tel qu’il est enseigné dans les collèges anglais doit former un gentleman anglais bien dans sa tête et dans son corps, mais aussi, au travers du sport collectif, un homme prêt à assumer des responsabilités. Pierre de Coubertin en France souhaite, après la défaite de 1870, « rebronzer une génération veule et confinée ». Il s’agit dans ces deux exemples de casser la tradition qui sépare le corps et l’esprit (Platon, Descartes) et qui veut qu’un bon sportif soit un mauvais élève ou que la force soit synonyme de violence. Le sport lié à la nature se rapproche de la culture via les sciences .Le sport de masse se développe. Aujourd’hui, le sport est devenu une course effrénée à la performance, une compétition, réservée à une élite dont il faut sortir le meilleur, quelqu’en soit le prix. Le sport est un investissement financier. Certains clubs de football sont même côtés en bourse. Très peu d’argent n’est octroyé aux clubs amateurs. Le sport est devenu un spectacle qui permet d’asservir et d’assouvir les masses. En ce sens, il est devenu une arme du néolibéralisme.
Pascal Broutin
Homo comicus
16 avril 2012
François L’Yvonnet dénonce dans un article du supplément du Monde T.V., en date du 15 avril 2012, l’omniprésence et l’hyper puissance des humoristes dans les médias télés, radios. L’auteur fait remonter le phénomène à Coluche et aux guignols de l’info. Cette réalité a pour conséquence très fâcheuse que tout est noyé dans le rire. Rien de ce qui est dit ne peut être sérieux. Le sérieux devient dérisoire. Cette dérision ne grandit pas la pensée, elle la nivelle vers le bas. Dans les émissions mêlant politique et humour, l’important n’est pas d’apporter des idées mais c’est de faire rire. Pour L’Yvonnet, « le bon mot y tient lieu de pensée » En apparence critiques, les humoristes n’attaquent pas vraiment le pouvoir. Il cite Baudrillard pour qui : « si la liberté d’expression ne comporte pas un risque de la part de celui qu’elle engage alors elle se vide de son contenu. La liberté d’expression, c’est aussi celle du débat, voire du duel, avec la possibilité de se mettre en danger ». Les politiques utilisent les humoristes comme faire-valoir. Ils participent en rigolant ou en ajoutant un trait d’humour. Etre drôles permet de les rendre populaires. Le bouffon est devenu plus puissant que le roi., comme Chicot qui détrône Henri III de Valois dans « la dame de Monsoreau » d’Alexandre Dumas. Pour retrouver son rôle subversif, l’humour doit prendre ses distances avec les médias, comme le font quelques rares vrais philosophes. Mais, souvent, l’appât du gain demeure trop fort. Pour en savoir plus, vous pouvez lire le livre de François L’Yvonnet : « Homo comicus, ou l’intégrisme de la rigolade », publié chez Fayard
Pascal Broutin
côté philo
12 avril 2012
Petit billet pour vous présenter les dernières nouveautés en matière de philosophie et de sciences humaines., de manière très succinte Après « l’invention du corps », le trio Alain Corbin,
Jean-Jacques Courtine et Georges Vigarello nous proposent l’ « histoire de la virilité », en trois volumes, parus au Seuil. Les auteurs utilisent, comme précédemment, une approche chronologique. Je conseille aux étudiants de BTS deuxième année de parcourir les chapitres consacrés à la virilité dans le sport. Nous continuons l’exploration de l’œuvre de plusieurs auteurs comme Georges Didi-Huberman qui publie « atlas ou le gai savoir inquiet », aux éditions de Minuit. De son côté, Martine Joly continue à s’intéresser à l’analyse de l’image avec un livre intitulé « l’image et son interprétation » chez Armand Colin dans la collection « cinéma ». Nous nous penchons aussi sur l’œuvre de Pierre-Damien Huyghe, avec pour l’instant deux ouvrages « du commun : philosophie pour la peinture et le cinéma », édité chez Circé et un ouvrage collectif, réalisé par le Collège des arts « l’art au temps des appareils », chez l’Harmattan. Enfin, terminons avec le livre de Jean-Christophe Bailly « le dépaysement », au Seuil. Comme son sous-titre l’indique « voyages en France », l’auteur a sillonné notre pays pendant 3 ans en s’y sentant complètement dépaysé au final
Livres sur le papier
05 avril 2012
La suite de nos achats concerne principalement des livres qui s’intéressent à la création dans le domaine du
papier. La plupart sont publiés par les éditions allemandes Gestalten. Ces livres recensent de nombreux créateurs très inventifs. Malheureusement, vu le succès rencontré auprès des usagers, professeurs et élèves, nous nous voyions dans l’obligation de les garder à demeure en consultation sur place. N’hésitez pas à les feuilleter pour trouver des inspirations, rencontrer des artistes contemporains peu médiatisés. Des Cd Roms complètent certains ouvrages comme « papercraft : design and art with paper », volumes 1 et 2 .Chez le même éditeur, vous pourrez lire « Tangible : high touch visuals » et « tactile high touch visuals ». Le papier y tient une place importante mais pas exclusive. Gestalten nous propose un voyage dans
l’illustration et le graphisme contemporains avec un ouvrage intitulé « illustrators : the essence of contemporary illustration ». Les éditions Dunod nous offre un ouvrage très technique qui vous permettra de maîtriser les bases du pliage. Il s’intitule « techniques de pliage pour les designers : papier,
plastique, métal, tissu… : de la feuille à la forme ». Il est accompagné d’un Cd Rom. Il est signé Paul Jackson. Pas toujours facile de trouver des livres sur les origamis originaux.. Nous vous proposons le tome1 et le tome3 de la série « origami : pliages en papier pour petits et grands », chez Fleurus, écrits par Zülal Aytüre-Scheele.
Dans un tout autre domaine, le livre d’Anne Moeglin-Delcroix, « esthétique du livre d’artiste : une introduction à l’art contemporain » rend compte de la naissance et du
développement du livre d’artiste aux Etats-Unis et en Europe ; Nous retrouvons des artistes issus des avant-gardes des années 60 et 70 comme Fluxus, Art minimal, Art conceptuel, Arte povera, landart, art de la performance ou happening….François Tellier-Loumagne nous propose un guide de création intitulé « 1000 manières de
créer », aux éditions de la Martinière. Elle nous entraîne dans la création textile avec comme fil conducteur des cailloux et autres galets. Terminons avec un beau livre qui nous amène à découvrir les cultures océaniennes, tant au niveau de la sculpture, des masques mais aussi des vêtements. Il s’intitule tout simplement « motifs d’Océanie », écrit par Nicolas Garnier et publié chez Hazan.
Pascal Broutin
bulles suite
03 avril 2012
Petit billet pour vous présenter la suite de notre commande en matière de bandes dessinées. Commençons par une série venant de Chine : « la vie chinoise » de Li Kunwu et P. Otié, parue chez Made in, en 3 tomes. Le héros Xiao Li naît en 1955 et connaît les sombres heures de la révolution culturelle et l’emprise de Mao ZeDong sur son peuple. Il devient dessinateur de propagande. En fait, nous avons affaire à une œuvre autobiographique, un récit introspectif qui nous montre comment un
dessinateur peut s’exprimer dans un contexte de restrictions des libertés d’expression. D’un autre côté, nous voyons se déployer devant nos yeux l’histoire de la Chine contemporaine, du « grand bon en avant » à la conversion à l’économie de marché, avec le troisième tome intitulé « le temps de l’argent ». Le livre nous montre aussi la difficulté de parler et de critiquer le passé en Chine. D’un point de vue
graphisme, le pinceau de l’artiste nous propose un style bien particulier qui navigue entre le dessin socialiste de propagande, le manga mais aussi un dessin plus occidental. « Chroniques de Jérusalem » de Guy Delisle, paru chez Shampooing, a reçu le fauve d’or à Angoulême en 2012. Nous suivons ce glotte-trotter dans un nouveau pays, lui aussi en conflits : Israël. Cette bande dessinée représente une sorte de carnet ou de récit de voyage, dans lequel l’auteur nous montre à voir quelques instants de son année passée en Terre sainte : son arrivée, son installation, la découverte de son environnement proche... Il essaie dans ses pérégrinations de changer notre regard stéréotypé sur ce monde ö combien compliqué. Il partage ses étonnements, ses humeurs. Dans la réalité, l’auteur a suivi sa femme, membre
de Médecins sans frontières, qui a effectué une mission d’un an dans la bande de Gaza. Ils
résidaient avec leurs enfants dans le quartier arabe de Jérusalem. On voit la vie dans cette ville, à partir de la fenêtre du dessinateur. D’un point de vue style, l’auteur voulait donner une ambiance carnet de croquis : dessins pas toujours finis, quelques touches de couleur. On sent aussi que Guy Delisle vient de l’animation. On rencontre pas mal de mouvements dans ses vignettes. Je vous invite d’ailleurs à voir son film d’animation « le moine et le poisson », à l'adresse suivante
Après « Isaac le pirate », vous pourrez dorénavant trouver une autre série de Christophe Blain. Cette fois-ci, il collabore avec Abel Lanzac, scénariste, pour écrire « quai d’Orsay : chroniques diplomatiques » en 2 tomes, chez Dargaud. Ils nous racontent la vie du ministre des affaires étrangères, Alexandre Taillard de Worms, dont les traits nous rappellent Dominique de Villepin, dont Abel Lanzac fut conseiller. De leur côté, Frédéric Poincelet et Vincent Bernière nous plongent, à travers une BD docu-fiction, dans le monde des toxicomanes en phase de guérison. L’ouvrage s’intitule « le château des ruisseaux » et est publié à l’Aire libre. Jean, le héros, se rend dans un centre de désintoxication
pour suivre une thérapie de groupe. Nous suivons au cours de ces 72 pages le quotidien de ces personnes. Nous avons particulièrement apprécié le traitement graphique de Frédéric Poincelet. Olivier Hervé, dans son site « planète bd.com » rend bien compte de son travail : « Son trait réaliste s’affranchit des cases, capte habilement l’ambiance au Château et révèle avec subtilité les émotions de chacun : fin et délicat, soutenu par une mise en couleurs elle aussi très sobre, le
graphisme insuffle douceur et sérénité, tranchant ainsi avec la dureté des expériences rapportées, parfois sinistres ou désespérées mais toujours réelles ». De son côté, Osamu Tezuka aborde l’amour impossible dans « chant d’Apollon », paru chez Sensei. Nous nous intéressons à la vie amoureuse de Shogo, qui ressent une profonde haine envers ceux qui l’aiment
Quittons ces livres un peu graves pour des albums plus légers. Après « petit Christian », nous poursuivons notre découverte de Blutch avec un album qui nous plonge dans « le cinéma à papa » . l’album a pour titre : « pour en finir avec le cinéma » et est publié chez Dargaud. Nous ressentons un grand plaisir à retrouver les protagonistes, acteurs, actrices, réalisateurs mais aussi les titres de films à travers quelques célèbres répliques. Enfin, passons à un autre auteur, que nous suivons régulièrement : Lewis Trondheim. Associé à Matthieu Bonhomme, il nous propose, chez Dupuis, un livre étrange, intitulé « omni-visibilis ». Hervé mène une vie ordinaire, bien que compliquée, jusqu’au jour où il se rend compte que tout le monde peut percevoir à travers ses sens et qu’il est possible de communiquer avec la terre entière à travers lui. N’hésitez à découvrir cette comédie tout à fait burlesque.
Pascal Broutin
Commande de printemps
26 mars 2012
Pour commencer, nous vous signalons que nous avons acheté l’autobiographie consacrée à Anthony
Browne, co-écrite avec son fils Joe, intitulée « mon métier, mon œuvre et moi », publiée aux éditions Kaléidoscope. Cet ouvrage, richement illustré, permet de comprendre la démarche et le travail de l’artiste. Pour le plaisir des yeux et du jeu, nous vous proposons les deux derniers ouvrages de Michaël Leblond et de Frédérique Bertrand « New York en pyjamarama » et « Lunapark en pyjamarama » publiés aux éditions du Rouergue. Les deux livres utilisent une vieille technique de l’animation : l’ombro-cinéma. Les images des livres s’animent, comme par magie, grâce à un rhodoïd rayé. Nous poursuivons notre vaine tentative de rattrapage au niveau des romans avec l’achat chez Pocket du magnifique « comte de Monte-Cristo » d’Alexandre Dumas et du sublime
roman de Victor Hugo « Notre Dame de Paris ». Dans le cadre du BTS de français, nous avons acquis le livre de David Storey « ma vie sportive », publié aux éditions Libretto, qui se passe dans le milieu du rugby. J’essaierais de
le lire pour vous le présenter de manière plus conséquente, dans un prochain billet.
Dans le domaine de l’art, je commencerais avec la biographie consacrée au photojournaliste Gilles Caron, intitulée « Gilles Caron scrapbook » aux éditions Lienart. Nous suivons pas à pas l’artiste de sa naissance à sa mort prématurée au Cambodge, en 1970, grâce à de nombreux documents rassemblés par sa famille. Gilles Caron a été le témoin de nombreux faits marquants des années 60 : guerres d’Algérie, du Vietnam, du Biafra, des 6 jours, les événements de 68 en France à Prague. Il photographiait également les personnalités de cette période comme De Gaulle mais aussi Daniel Cohn Bendit. En parcourant cet album, vous retrouverez des
photos cultes. De leur côté, Michaël Jakob et Claire-Lise Schwok ont invité des critiques issus de nombreuses disciplines à réfléchir, en une seule page, sur un tableau représentant un paysage qui figure sur la page de droite. L’ouvrage s’intitule « 100 paysages : exposition d’un genre » et
est publié chez Infolio. Jacques Attali s’interroge, quant à lui, dans « chemins de sagesse : traité du labyrinthe », sur la présence des labyrinthes dans l’ensemble des continents, depuis plus de 10.000 ans. Il revisite des grands classiques comme le Minotaure et le jeu de l’oie. Mais, il utilise la métaphore du labyrinthe pour s’interroger sur les nouvelles technologies, la psychanalyse, le jazz ou la corrida… Le livre est publié chez Fayard. Au niveau du graphisme, nous continuons la fameuse collection design designer, édité par Pyramid avec
deux nouveaux titres : Lili Scratchy, monde déjanté plein de couleurs et de matières différentes et C215, alias Christian Guémy, artiste de Streetart. Trois livres techniques pour continuer. Tout d’abord, un nouveau livre sur la fabrication des pop-up , qui complètera le livre de Duncan Birmingham : « pop-up : art et technique », de David Carter et de James Diaz, publié chez Milan. Vous trouverez dans ce livre des explications très concrètes en français. Pour tout savoir sur la sérigraphie, Claire Dalquié et Matteo Cossu vous proposent un livre sur le sujet, intitulé tout simplement « la
sérigraphie : outils, techniques et portraits d’artistes », sorti chez Pyramid. « La typo fait main » de charlotte Rivers, paru chez le même éditeur vous donne, comme son sous-titre l’indique, des « idées, conseils et techniques pour créer une typographie originale ». Un autre livre aussi pratique, titré « quand la science inspire la nature » de Matt Fournier s’amuse à créer des parallèles entre les inventions humaines et la richesse des animaux et des plantes.
Le livre, publié aux éditions plume de carottes, nous montre que ces derniers nous apprennent plein de choses et suscitent la créativité des artistes mais aussi des savants. Pour finir provisoirement la présentation de notre nouvelle commande, nous vous proposons deux ouvrages dans le domaine du design d’objets. Le premier concerne un domaine assez pauvre au niveau de l’édition : les systèmes d’éclairage. L’auteur, Robert Klanten, fait le point sur les nouvelles ampoules comme les LED et présente de nombreux exemples de lampes, de lustres…Terminons avec le livre de Carl Liu « un design produit novateur : études de
cas et démonstration pratique », publié chez Citypress. Le livre nous offre une collection de croquis permettant à tous ceux qui souhaitent appréhender le monde du design, ses réalisations, ses outils et son fonctionnement. Il est divisé en 2 parties : le processus de 4 grandes marques et les études de croquis, étape par étape, que ce soit avec le traditionnel croquis à la main ou avec les outils numériques les plus avancés.
Pascal Broutin
Le goût des bulles
15 mars 2012
Le CDI est envahi de bulles, de planches, de vignettes et de phylactères en tout genre. Pour fêter le printemps à
notre manière et profiter des premiers rayons du soleil un livre à la main, nous avons acheté une trentaine de bandes dessinées. Pour cela, nous avons fait appel aux compétences d’un grand amateur du genre, professeur dans notre établissement, M. Cédric Villain Je voudrais le remercier chaudement, à travers ce petit billet ainsi que le Foyer socio-éducatif et Mme Yasmine Damiens qui a répondu favorablement, financièrement parlant, à notre demande. Dans la liste, vous retrouverez aussi quelques demandes d’élèves. Je ne compte pas vous faire une critique de chaque ouvrage. Je n’ai pas eu le temps de tous les lire. Je vais essayer tout simplement d’en dresser la liste. Pour commencer, vous verrez qu’il y en a pour tous les goûts.
Nous avons privilégié les livres qui proposent une approche intéressante tant au niveau du texte que du dessin. Vous verrez les techniques sont très diverses. La plupart des genres sont présents. Les
auteurs proviennent d’horizons différents. La maison d’édition l’Association est bien représentée avec 4 classiques, qu’on ne présente plus « Lapinot et les carottes de Patagonie » de Lewis Trondheim, « ukulélé » de Joann Sfar, « le petit Christian » de Blutch, récit d’enfance désopilant d’un petit, petit enfant et « l’ascension du haut mal » de David B. Nous continuons de nous intéresser à l’œuvre de Jirô Taniguchi à travers son dernier titre « Furari », qui raconte de manière très zen les errances d’un géographe dans la ville et la campagne, les bords de mer du Japon. Le livre est paru chez Casterman, dans la collection « écritures ». Dans la même collection, vous pourrez rencontrer un personnage tout à fait glauque qui aurait pu inspirer Fritz Lang. Il s’agit d’« Harmaan, le boucher d’Hanovre », écrit par Isabel Kreitz et
Peer Meyer. J’ai beaucoup aimé la manière dont Bastien Vivès aborde la rencontre amoureuse dans son livre intitulé « dans mes yeux ». Tout est perçu à travers les yeux d’un des protagonistes, au point que l’autre s’y fond parfois complètement. Vivès nous propose un beau travail de
caméra subjective. Amateurs de vin et de dessin, nous vous invitons à découvrir le livre d’Etienne Davodeau « les ignorants : récit d’une initiation croisée », paru chez Futuropolis. Les fans de Bowie doivent lire « Haddon Hall » de Neijib, publié chez gallimard. Partez à la découverte de 2 filles très modernes, pas vraiment modèles « Joséphine : l’intégrale » de pénélope Bagieu (Jean-Claude Gausewitch éditeur ) et l’héroïne de Margaux Motin « j’aurais adoré être ethnologue ». Si vous préférez un peu plus de virilité, vous pourrez lire le livre de Jean Harambat, « en même temps que la jeunesse », chez Actes Sud qui a pour cadre le milieu du rugby. Catherine Meurisse revisite quelques pans
de la littérature françaises en bandes dessinées dans « mes hommes de lettres », aux éditions Sarbacane. Vous connaissiez l’Oulipo, vous apprendrez à connaître l’Oubapo (L’Ouvroir de Bande Dessinée Potentielle) chez l’Association. Passez une nuit torride à New
York avec Pascal Blanchet dans une atmosphère très jazzy, grâce à son livre « nocturne », aux éditions de la Pastèque. Bruno Heitz nous replonge dans l’atmosphère des années 60 et la guerre d’Algérie dans deux livres « j’ai pas tué de Gaulle, mais ça a bien failli » et la suite « c’est pas du Van Gogh, mais ça aurait pu… ». Avant de devenir un film « les petits ruisseaux » était une bande dessinée, écrite et dessinée par Pascal Rabaté chez Futuropolis. L’auteur nous invite à réfléchir sur la sexualité des
personnes âgées. Les plus aventureux apprécieront le livre de Cyril Pedrosa « trois ombres », chez Delcourt. Je citerai en vrac les autres ouvrages. Ceci ne dénote en rien de leur qualité mais le temps…J’essaierais de revenir sur certains d’entre eux à l’occasion d’autres billets. Bézian « aller-retour », Delcourt ; Craig Thompson « blankets » Casterman ; Chris ware « Quimby, the mouse » ; David Wojnarowicz, James Romberger, Marguerite van Cook “seven miles a second” éditions ça et là; Gipi “le local”Gallimard; Hugues Barthe “l’été 79” Nil ; Frederik Peeters “pilules bleues” ;
Pascal Broutin
Caricatures 2
23 février 2012
Hier, nous vous proposions un petit billet, suite à la lecture du numéro 1029 de la revue TDC, consacrée à la caricature. Comme toujours, la revue fournit en annexes une bibliographie et
surtout une sitograhie intéressante. Présentons tout d’abord la bible numérique sur la caricature le site référence « caricatures et caricature ». Ce site, consultable à l'adresse suivante présente des vidéos, des articles, des expositions (je vous conseille celle intitulée « présidents poils aux dents ! »), pleins de caricatures Les journalistes de TDC nous invitent ensuite à visiter le site de l’université d’Heidelberg qui a numérisé des journaux satiriques et des tracts datant de, la Commune de Paris. D’un point de vue pratique, quand vous êtes dans la partie « Französische Satirezeitschriften und Karikaturen », vous choisissez votre journal satirique « le père Duchêne » par exemple, puis vous activez « zum digitaten » puis « bände » et vous pouvez voir environ 1800 caricatures. La numérisation laisse un peu à désirer.Vous découvrirez le site à l'adresse suivante Le site de la BNF propose, de son côté, de découvrir l’œuvre de Daumier. Le travail est toujours de grande qualité. La définition des images est remarquable. Chaque image garde sa légende et est replacée dans son contexte. Les lithographies sont classées par thème. Un système de loupe permet de se déplacer dans quelques-unes des caricatures L’exposition propose aussi un travail comparatif avec les héritiers de Daumier.. Nous avons aussi apprécié quelques
textes comme sa biographie, les journaux de Philippon, l’hommage rendu par Charles Baudelaire, un texte sur la caricature à trouver dans la rubrique « pistes pédagogiques ».Tout ce remarquable travail vous attend à l'adresse suivante Le site « l’histoire par l’image 1789-1945 » propose une rubrique consacrée aux caricatures. La qualité de ce travail repose principalement sur la qualité de la numérisation mais surtout sur la présentation du contexte et l’analyse de l’affiche. Jérôme Rambert, l’auteur de ce hors-série, nous décrit la période qui s’étend de 1900 à 1929, à travers quelques affiches. Dans le reste du site, vous trouverez également d’autres caricatures, sur d’autres périodes historiques à partir du moteur de recherche interne, à l'adresse suivante . Un blog, consacré aux cartes postales satiriques et polémiques de la 1ère guerre, complètera volontiers ce site. A retrouver à l'adresse suivante Le CNDP propose de son côté une biographie de Victor Hugo, illustrée par les caricaturistes de son temps qui se sont déchaînés contre lui.
Pour des dessins plus récents, nous vous invitons à découvrir deux sites Tout d’abord, Plantu nous offre chaque jour son petit dessin
à la une du Monde. Allez à la rencontre de ce fabuleux caricaturiste en navigant sur son site . Descendant de Daumier, vous pourrez, par exemple, admirer sa galerie de sculptures, voir quelques vidéos le montrant au travail. Toujours militant, il donne la parole à de nombreux confrères étrangers qui souffrent de la censure.Enfin, le Courrier International propose une revue de presse internationale à travers les dessinateurs du monde entier Ces actualités sont classées par pays et continents ou par thèmes. Un moteur de recherche par date, thème ou nom vous permet de retrouver des dessins dans la base qui en contient déjà 4725
Pascal Broutin
caricature le portrait à charge
22 février 2012
La revue TDC , n°1029, du 1er février 2012, s’intitule « histoire et caricature ». Ce dossier
nous invite à nous interroger sur la place de ce genre dans l’histoire : ses origines, son développement, son âge d’or, tout en précisant l’évolution des formes qu’elle peut prendre . Dans un premier temps, la revue délimite le champ lexical en rapprochant le mot caricature d’autres termes comme : « charge-portrait ou portrait charge » (synonyme commun au XVIIème, consistant en une exagération burlesque de quelques éléments du visage), « le grotesque », la métamorphose (transformation d’un personnage en objet Louis Philippe en poire, par exemple), la parodie, la satire et la zoomorphisation (métamorphose en animal). Le Trésor de la langue française définit la caricature de la manière suivante : « portrait en charge, le plus souvent schématique, dessiné ou peint, mettant exagérément l'accent, dans une intention plaisante ou
satirique, sur un trait jugé caractéristique du sujet » TDC revient ensuite sur les grandes étapes historiques du genre. Elle remonte sa naissance à l’Antiquité : Egypte, Grèce puis Rome. Le Moyen Age voit le développement du monstrueux du difforme à travers les gargouilles. A la Renaissance, l’invention de l’imprimerie et de la gravure, la conception du « beau idéal » et son opposé, les dessins d’anatomie des peintres comme Léonard de Vinci, Michel Ange,
Alfred Dürer vont accélérer le développement de ce style. Les caricaturistes vont s’amuser à dessiner la parfaite difformité des corps humains, dans un but purement ludique. On en retrouve quelques-uns dans les ateliers des frères Carrache dans les années 1600. Parallèlement, la Réforme et Martin Luther vont utiliser les images comme support de propagande pour dénoncer les dérives de l’église papiste. Ces caricatures sont, cette fois-ci, accompagnés par un texte La propagande politique va devenir un genre à part entière à la fin du XVIIème siècle, malgré la censure Le genre va bénéficier du développement des libertés. En effet, l’article XI de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen affirme la libre circulation des pensées et des opinions, mettant ainsi à mal la censure. Au XIXème siècle, l’invention de la lithographie par
Aloys Senefelder et l’explosion de la presse vont voir l’apparition d’un premier âge d’or de la caricature, surtout après la révolution de 1830. Philippon crée, cette même année, une double page, titrée tout simplement « caricature ». Nous y retrouvons des de
ssins de Grandville, Daumier, Raffet, Traviès. Des événements comme les guerres de 1870, 14-18 (naissance du canard enchaîné),39-45, la guerre froide mais aussi l’affaire Dreyfus (« l’assiette au beurre ») vont donner lieu à un déferlement de caricatures. A partir des années 60, les dessins vont accompagner la libéralisation des mœurs avec de titres comme « Siné massacre », »Hara-Kiri », « Charlie Hebdo » ou « la gueule ouverte ». Le dossier montre que la caricature prend des formes différentes actuellement. Elle quitte la feuille pour revêtir les traits de la marionnette, comme « les guignols de l’info ». Les dessinateurs ouvrent leur blog ou leur site. Le site du Courrier International propose une page cartoon régulière. La censure demeure toujours, malgré la loi sur la liberté de la presse de 1881. Elle se manifeste par des autodafés comme pour l’histoire des caricatures de Mahomet en 2005.
Dans le prochain billet, nous vous proposerons quelques sites intéressants.
Pascal Broutin




















