Rencontre avec Hervé Tullet

15 juin 2011

a1Comme chaque année, deux classes de seconde ont eu le grand plaisir de recevoir un illustrateur dans le cadre de l'opération "livre comme l'air", organisée par la médiathèque de Roubaix. J'en profite pour remercier plus particulièrement Clotilde Deparday et l'ensemble de l'équipe de la médiathèque pour cette initiative qui représente toujours un grand moment pour la vie de notre établissement. L'illustrateur s'appelait cette année Hervé Tullet.

Avant tout des idées

Dès la première question, Axel, élève de seconde,  souligne l'importance de la recherche dans son a2travail. En effet, Hervé Tullet place l'idée, le concept avant l'esthétisme. Il dit à plusieurs reprises : "je ne sais pas dessiner", "je ne sais pas écrire". Il ne dessine pas sans arrêt, quand il dessine il aime particulièrement lorsque le travail est fini, il dessine vite... Mais, indéniablement, il entretient un rapport intime à l'idée.. Nous pouvons rechercher des explications dans deux directions. Lorsque je lui pose la question de sa famille d'appartenance : il cite des artistes italiens comme Bruno Munari, Enzo Mari, Léo Lionni pour "petit bleu et petit jaune", quelques membres de l'Arte Povera comme Richard Long, l'art brut pour son rapport à l'énergie, mais aussi Jackson Pollock pour les gribouillages et Piet Mondrian pour les lignes droites et sa palette. Pour ces artistes, l'approche conceptuelle est primordiale. L'auteur évoque également des explications liées à sa biographie. En effet, il a débuté sa carrière dans le monde publicitaire, monde nécessairement créatif où la recherche d'idées représente l'essence même du travail. Avant cela, au cours de ses a3études, son premier exposé portait sur les surréalistes qui marque cette rupture entre concept et esthétisme..Les idées ne manquent pas car Hervé Tullet écrit de quatre à huit livres par an, chez différents éditeurs. Un effet boule d'idées s'enclenche : "plus on a d'idées, plus on en a".Bien sûr, l'idée ne suffit pas. Ses livres se font en se faisant. Au départ, une intuition alimentée par des mots va être étirée dans tous les sens jusqu'à épuisement. Ensuite, les dessins seront étudiés et réorganisés. "Blop" est une forme qu'il va décliner dans son livre en la multipliant progressivement ou en changeant les couleurs. Les idées sont riches, les moyens sont plus modestes.

Beaucoup de rencontres :

Hervé Tullet insiste sur l'importance des rencontres, de passer d'un monde à un autre. Il se revendique comme acteur social et n'hésite pas à aller dans les écoles, les prisons, à la rencontre des jeunes mais aussi des plus âgés. Par exemple, il nous décrit un atelier de 150 enfants, dirigé au mégaphone  Il ne s'agit pas forcément de a4trouver des idées ou des inspirations mais de se ressourcer. Des rencontres vont l'amener à diversifier ses supports. Après la lecture de son dernier succès "un livre" par Julien et Victor, il invite ces derniers à poursuivre la lecture sur un e book. Nous retrouvons les mêmes boules de couleur primaire qu'il s'agit maintenant de manipuler réellement sur l'écran, pour créer par exemple un feu d'artifice virtuel. D'autres rencontres lui ont permis de proposer un site tout à fait proche de son univers interactif, plein de surprises et de liberté. Contrairement au site traditionnel, le visiteur erre se perd sur la page à la recherche du contenu. Je vous invite vivement à le découvrir à l'adresse suivante

En tout cas, je crois et je sais que les enfants adorent ses livres. Non seulement, Hervé Tullet se fait plaisir en créant ses livres mais il le partage avec les enfants et les adultes qui le lisent

Pascal Broutin

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popville

11 janvier 2011

a1Nous avons eu le grand plaisir de recevoir deux illustrateurs pour la jeunesse, Anouck Boisrobert et Louis Rigaud, ce vendredi 07 janvier 2011, dans le cadre de l’opération « livre comme l’air ». Nous tenons à remercier la Médiathèque de Roubaix et en particulier Clotilde Deparday, pour la tenue de cette manifestation qui nous permet, chaque année, de rencontrer des professionnels de l’illustration.

Anouck Boisrobert et Louis Rigaud :

Dans un premier temps, les deux auteurs nous ont précisé leur parcours professionnel . Sans entrer dans les détails, ils ont tous les deux suivi l’atelier didactique visuelle des Arts Décoratifs de Strasbourg, pendant 5 ans. Lors de la quatrième année, ils ont participé à un worshop avec des professionnels spécialisés en pop-up. De cet atelier va naître la première maquette du futur livre « Popville ». Après le temps de la précipitation du workshop, ils ont pu tranquillement tester et améliorer le projet. Dans un troisième temps, ils se sont rendus au salon de Montreuil pour rencontrer les éditeurs avec leur maquette. L’air du temps n’était pas au pop-up, bien que Marion Bataille ait sorti son fameux « abc3d ». Ils ont eu, tout de même, la chance de rencontrer Gérard Lo Monaco, directeur artistique d’une maison d’édition qui a2n’existait pas encore : Hélium. Cette petite maison d’édition publie une vingtaine de livres par an, destinés à la fois aux adultes et aux enfants. Elle propose des livres objets, des livres animés, des livres qui suscitent en tout cas l’interactivité. Gérard Lo Monaco, décorateur de théâtre, illustrateur, éprouve depuis longtemps une passion pour le pop-up. D’ailleurs, il a collaboré à de nombreux projets avec les éditions Gallimard. Citons, entre autres, « le petit Nicolas », « le petit prince », « le prince de Motordu », « l’homme qui plantait des arbres » et plus récemment « Moby Dick ».. Commence alors toute une série de négociations entre l’éditeur qui veut mettre aussi sa patte sur le projet et les jeunes diplômés qui veulent sortir leur premier ouvrage. Anouck Boisrobert et Louis Rigaud nous expliquent les concessions, les évolutions positives à travers des photographies numériques . Le titre par exemple. Ils avaient appelé le livre « city », l’éditeur propose « popville » le remplacement des tirettes par des rabats…Les choses n’en restent pas là car nous avons affaire à un pop-up. Louis Rigaud nous explique les différentes étapes d’impression du pop-up et en particulier le collage final à la main. Ce travail artisanal crée un coût important ce qui explique à la fois la délocalisation de l’impression (popville est fabriqué en Thaïlande), mais aussi la nécessité d’en vendre beaucoup, d’où la nécessité de trouver des coéditeurs. Ils vont rechercher ces coéditeurs à la Foire de Bologne pour la jeunesse : 15 000 exemplaires pour les États-Unis, 7000 pour la France… 50 000 exemplaires sont prévus pour un premier tirage.

Popville :

a3J’aimerais vous dire quelques mots un peu plus personnels sur l’album. Sa grande originalité réside dans la présence de la fenêtre qui fait que les pages sont complètement reliées les unes aux autres contrairement aux autres pop-ups qui proposent des pages indépendantes. Cette possibilité permet de bien retracer l’évolution de la ville. Nous partons d’une petite église rouge et de 2 maisons, 7 arbres et une route. La ville va grandir en même temps que la fenêtre et accueillir une gare, une école, une mosquée, des grands ensembles... Les enfants peuvent d'ailleurs s’amuser à retrouver les différents éléments de la ville. Les réponses ne sont pas évidentes d’ailleurs et les auteurs leur laissent une grande marge d’interprétation. Le déploiement du pop-up se faisant à partir du pli central, les auteurs ont du employer un format tout en longueur pour pouvoir disposer de nouveaux bâtiments. Pour ajouter des éléments en volume, loin du pli central, ils ont dû utiliser pour la dernière page des rabats. Au départ, ils avaient opté pour des tirettes, mais l’éditeur leur a suggéré des rabats pour maintenir la dynamique de l’album et éviter ainsi l’ouverture et la fermeture des tirettes. D’un point de vue technique, l’ensemble demeure d’une grande simplicité : les formes pop-up sont basiques, faciles à réaliser, les dessins sont naïfs, la palette des couleurs est relativement sobre. Les auteurs ont employé le crayon de couleur pour créer différentes nuances de vert et de gris. Mais, l'ensemble reste à la fois très design, mais aussi très tendre, proche du monde de l'enfance. Un texte de Joy Sorman arrive dans les dernières pages en complément du pop-up. Curieusement, Joy Sorman insiste particulièrement sur l’hyperactivité des hommes, alors que nous n’en trouvons aucune présence physique dans les dessins. Les auteurs n’ont pas un message particulier à faire passer. Nous nous situons entre la passion et la folie de construire.Pour vous faire une idée du travail réalisé, vous pouvez regarder cette  petite animation

Et après

Après cette première grande aventure, nous avons abordé l’avenir. Louis Rigaud et Anouck Boisrobert nous ont parlé du prochain album qui devrait paraître aux éditions Hélium sur un sujet d’actualité : la déforestation en Amazonie. Il s’intitule « dans la forêt du paresseux » et devrait sortir en mars de cette année. Dans cet album, nous prenons Popville à l’envers. Nous partons d’une double page saturée d’arbres pour finir par une page apparemment vide, couverte de traces d’hommes , d’engins, de destruction de toutes sortes. Heureusement, pour ne pas trop démoraliser la jeunesse, les enfants ont la possibilité de tirer une petite languette pour faire apparaître des jeunes pouces. Et oui, nous pouvons être actifs chacun à sa petite échelle, par rapport aux problèmes d’environnement (biodiversité, déforestation). Tel est le message que veulent faire passer les illustrateurs. Avant l’apocalypse finale, les enfants pourront s’amuser à retrouver les différents animaux qui peuplent la forêt et en particulier le paresseux qui pourrait s’appeler Charlie. Nous retrouvons les mêmes techniques que pour le précédent album : pop-up à fenêtre, crayon de couleur…

Dans leur grande générosité, les auteurs nous ont présenté des travaux non éditoriaux. Louis Rigaud a évoqué leur participation au webdesign international de 2010. La consigne consistait à réaliser un site en 24 heures sur le thème suivant : « je pense à toi : communiquer sa présence à un être cher, dans le contexte de la mobilité ». Je vous invite à vous rendre compte du résultat qui s’intitule « best friends papers » en vous rendant sur son site à l'adresse suivante. Vous y découvrirez toute une série d’autres projets aboutis, dans le domaine de l’image animée cette fois-ci. De son côté, Anouck Boisrobert nous a montré son book en donnant quelques conseils. Pour vous rendre compte de son travail d’illustratrice, rendez-vous sur  son site

Je terminerais en remerciant à nouveau les deux auteurs pour leur disponibilité, leur jeunesse, leur générosité et n'hésitez surtout pas à venir les rencontrer lors du festival "livre comme l'air" de juin. Les dates vous seront précisées ultérieurement.

Pascal Broutin

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Emmanuelle Houdart et le textile

14 juillet 2010

P1100711Si vous avez lu les albums d'Emmanuelle Houdart, vous avez sûrement remarqué la qualité des tissus des habits des différents personnages. On pourrait suggérer à Emmanuelle de lancer une collection de haute couture. La qualité des vêtements a bien sûr donneé des idées à nos enseignants. Emmanuelle Heitz et Julie Krakowski, professeurs à l'Esaat, ont animé un atelier de sérigraphie avec les élèves de première année de BTS DMTE. Nous vous invitons à voir ses travaux à partir d'un diaporama. Ces oeuvres sont exposées actuellement à la médiathèque de Roubaix, au niveau de la section jeunesse. Nous avons ajouté dans notre diaporama 2 monstres issus d'une série précédente http://classe BTS DMTE sérigraphie.com/

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Emmanuelle Houdart inspire nos élèves

22 juin 2010

monstre_ana_s_DComme nous l'indiquions dans un billet précédent, les élèves de 2A1 ont présenté, à l'issu de la rencontre avec Emmanuelle Houdart les travaux qu'ils avaient réalisés à partir de ses albums. J'aimerais rendre hommage aux élèves, mais aussi aux trois professeurs qui les ont inspirés, encouragés et guidés : Laure Duchayne, Marie Deroi et Ancelin Nys.
Le premier exercice consiste à partir de tâches à la Rorschach, pour les étirer ensuite, les tranuancier_feuillensformer et les métamorphoser en monstres. Les élèves partent de couleurs très vives, en employant de l'encre colorée. Ils essaient de créer des effets aléatoires des effets de couleur ainsi que des effets de texture improbables. http://classe 2A1 taches monstres.com/
Dans le deuxième exercice, les élèves partent d'une double page d'un album d'Emmanuelle Houdart, en particulier ceux dans lesquels, elle décline une ou deux couleurs. Les élèves dégagent une harmonie colorée qu'ils traduisent ensuite dans des nuanciers. Ces derniers revêtent des formes que l'on retrouve dans ses albums. http://classe 2A1 nuanciers.com/

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Emmanuelle Houdart, illustratrice sans concession.

14 juin 2010

Je vais essayer de rendre compte de la richesse des propos d’Emmanuelle Houdart. Je me permettrais d’y ajouter quelques réflexions et interprétations tout à fait subjectives en écho à son discours.

Son parcours

Ce mercredi 09 juin, nous avons eu le grand plaisir de recevoir Emmanuelle Houdart, dans le cadre de la dixième opération « livre comme l’air », organisée par la Médiathèque de Roubaix.. Dans un premier temps, elle nous a narré avec beaucoup d’humour son cheminement intime et tortueux qui l’a amenée à l’illustration. Avec une très grande générosité, elle a évoqué son adolescence, ses conflits avec ses parents qui ne voulaient pas qu’elle entame un cursus artistique, ses années aux Beaux Arts de Genève, les petits boulots qui ont suivi, puis sa montée à Paris chez les éditeurs pour la jeunesse, son premier album.

Ses thèmes

Toutes ses anecdotes, nous montrent une jeune fille puis une femme sans concession qui refuse de se plier aux canons de la société suisse très policée. Volontairement excentrique, elle refuse aussi l’univers édulcoré des livres pour la jeunesse : les belles princesses, les princes vaillants... Tout de suite, elle introduit dans ses dessins des tronçonneuses, des viscères, des monstres en tout genre. Un des premiers dessins qu’elle propose aux éditeurs s’intitule « le viol ». Actuellement, elle réalise une affiche pour une association de tripiers, représentant des vêtements réalisés à partir d’organes et de viscères. Ce thème s’avère être le sujet de son premier livre pour adultes, à paraître cet automne. Le monstre est, en apparence, la figure centrale de ses albums. Ce monstre primordial que nous avons en nous. Ce monstre dont l’enfant « innocent » doit se repaître pour pouvoir affronter le monde cruel dans de bonnes prédispositions. Nous trouvons un très bon exemple de cette situation dans l’album « Emilie Pastèque », qui s’affuble de la dent du monstre qu’elle a récupérée dans le ventre de ce dernier, pour pouvoir enfin affronter la réalité, l’arrivée d’un petit frère ou d’une petite sœur. Elle aime surtout dessiner des personnages en apparence mais aussi de l’intérieur. Pas de décor, elle nous avouera qu’elle ne maîtrise pas bien la perspective, les proportions. La maison est souvent représentée par une porte, quelques lames de parquet. Les personnages de ses albums habitent plutôt à l’intérieur du ventre du monstre ou de la femme. Le corps semble être le thème principal de ses albums qu’il soit monstrueux ou pas. L’inspiration vient de son corps, de ses tripes pour s’exprimer sur la feuille, donnant ainsi au dessin toute sa force, son énergie vitale. Le dessin revêt des formes très rondes, très douces. Cette tendance permet d’adoucir le propos. La présence des organes et des viscères me fait penser aussi aux cabinets de curiosité. On retrouve d’autres traces de ces cabinets dans la profusion d’objets, d’animaux, de coquillages. De nombreux albums revêtent la forme de la liste, de la collection, de l’encyclopédie ou de l’imagier : liste de maladies dans « monstres malades », « l’abécédaire de la colère », listes de mots dans « dedans »…Nous sommes aussi très sensibles à l’attention qu’elle donne aux habits. Elle prend un soin tout particulier à nous offrir dans chaque album une riche collection de vêtements et d’accessoires : les chapeaux dans « les monstres malades », par exemple.

Enfin, sans vouloir rentrer dans son intimité, la force de son œuvre réside dans le fait qu’elle essaie de traduire par le dessin des sentiments qu’elle ressent. Elle dessine avec son corps, avec ses tripes et ses organes. Catharsis, psychothérapie, en tout cas, je crois qu’elle fait sortir, des peurs, des colères qu’elle a en elle. La grande qualité de son travail réside dans le fait que nous ne restons pas au niveau de l’intimité mais elle arrive à toucher à l’universalité.

La technique

Emmanuelle Houdart nous a parlé aussi de sa technique de dessin. Mis à part le premier album, elle utilise exclusivement des feutres. Elle commence à dessiner au crayon de bois sur un grand format. Puis, elle réalise les contours au feutre fin noir, laissant une place conséquente au blanc pour chaque page. Elle colorie au feutre noir puis elle use, elle « torture » ce noir avec la couleur désirée. Cette technique ne permet pas de revenir en arrière. Une fois dessiné, les dés sont jetés. Cette attitude met en avant son aspect sans concession. L’étendue de sa palette tend à diminuer. Pour certains albums comme « monstres malades », elle ne retient qu’une seule couleur par double page. Pour « Emilie Pastèque », elle n’utilise que deux couleurs le rouge et le vert, couleur de la pastèque. Pour dessiner, elle travaille les expressions du visage à partir d’un petit miroir qu’elle a toujours sur sa table. Elle utilise aussi la banque d’images que constitue Internet.. Comme nous l’avons indiqué précédemment, l’inspiration lui vient de son propre vécu, mais, surtout, d’un état de concentration vague comme chez le psy. Les choses passent et viennent. Elle travaille à partir d’associations d’idées.

L’échange :

L’intervention s’est terminée par une présentation des travaux des élèves. Là encore, Emmanuelle Houdart a fait preuve de beaucoup d’enthousiasme, de beaucoup de générosité face aux réalisations de nos élèves de seconde. Nous présenterons dans de prochains articles quelques exemples de ces travaux. http://classe DMTE Emmanuelle Heitz professeur.com/

Merci beaucoup, Madame Houdart

Pascal Broutin

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Anne Brouillard en voyage

30 juin 2009

Nous poursuivons la présentation des travaux réalisés dans le cadre de l'opération "livre comme l'air". Les élèves de 2A1, encadrés par Mesdames Emmanuelle Heitz et Marie Deroi, ont plus particulièrement travaillé sur le livre d'Anne Brouillard "voyage", album format à l'italienne, comportant des illustrations réalisées avec des crayons de bois de différentes valeurs. Les élèves ont repris le même format et ont aussi construit des boites pour donner du relief à leurs images. Personnellement, je suis assez impressionné par la qualité du rendu et plus particulièrement au niveau de la lumière. Vous pouvez admirer ces réalisations au niveau de l'espace jeunesse de la médiathèque de Roubaix ou à partir de ce diaporama.

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Anne Brouillard au parc

25 juin 2009

Avant de vous rendre ce dimanche 28 juin au Square Catteau-Minerel, nous vous invitons à découvrir en avant première quelques-unes des réalisations des élèves de l'Esaat qui ont été accrochées pour une sorte de générale. Les élèves de 2BT, accompagnés par leurs professeurs Philippe Lagadec et Béatrice Quétu ont décidé d' aborder l' univers d'Anne Brouillard, invitée de la 9ème fête "livre comme l'air, organisée par la Médiathèque de Roubaix, à travers le prisme du voyage et des transports. Ils ont utilisé l'association noir et blanc / couleur et des effets de zoom assez caractéristiques du travail de l'illustratrice.

Pour ces raisons, le choix s'est porté sur des tirages photos retravaillés à la peinture acrylique. Vous pourrez vous rendre compte de ce travail dans ce petit diaporama.

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Anne Brouillard à la médiathèque

16 juin 2009

Yasmine Damiens, professeur à l'Esaat, nous a gentillement envoyé quelques photos de sérigraphies sur tissu, réalisées par des élèves de MNA et de MNB (mise à niveau). Ils se sont inspirés du travail de l'illustratrice Anne Brouillard. Ils ont été aidés dans leur démarche par Mme Damiens et M. Sion. Ces oeuvres sont exposées actuellement à la médiathèque de Roubaix, dans l'espace jeunesse.  Julien Lassignardie, élève de MNB, s'est particulièrement investi dans l'accrochage. Nous vous proposons une petite visite à partir d'un diaporama.

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Anne Brouillard rêves de mémoire

12 juin 2009

Nous avons eu le plaisir de rencontrer Anne Brouillard, ce mercredi 10 juin, dans le cadre de l'opération "livre comme l'air", organisée par la Médiathèque de Roubaix. Les classes de seconde STI, BT,  et quelques élèves de mise à niveau et de 1ère STI étaient présents avec leurs professeurs. Anne Brouillard nous a expliqué sa manière de travailler en nous présentant ses blocarnets de croquis, de vrais faux originaux, des esquisses de son travail, des planches rejetées...La discussion a pris la forme d'un échange, très riche et donc difficile à retranscrire. Nous nous contenterons de mettre en avant quelques idées phares. Dans un premier temps, nous avons essayé de comprendre d'où venait son inspiration ? Anne Brouillard aime les voyages, les voyages calmes qui lui permettent de ne pas travailler dans l'urgence. Elle aime prendre le train. Elle s'est rendue dernièrement en Chine, en chemin de fer. Elle voyage côté vitre pour mieux apercevoir des choses dans le paysage. Elle s'imprègne de touches, de détails qui deviendront plus tard, grâce au travail de mémoire des images. Ses idées naissent, me semble-t-il, d'un savant mélange de réalités entre aperçues, de bribes de mémoire et d'effluves de rêves et d'imaginaire. Pour mettre en forme ses idées, elle a besoin de calme. Elle nous a expliqué sa difficulté de dessiner en Chine, à cause du bruit et du fourmillement de cette civilisation. Le mélange obtenu bonifie pendant un certain temps, 8 ans pour l'album "l'orage", par exemple. Elle travaille sur plusieurs projets en même temps, commence toutes les images pour garder une unité de lumière et de ton. Elle a utilisé plusieurs techniques au cours de sa carrière. Pour 3 chats, son premier album, elle a eu recours à de l'aquarelle, de la gouache et du pastel sec. Pour "voyage", elle a dessiné avec des crayons graphites de différentes valeurs. Mais de plus en plus, elle privilégie une technique ancestrale, présente dès l'Egypte Ancienne "la Tempera", qui, pour elle, rend le mieux la lumière. Devant nos yeux, elle nous a préparé ce mélange dont le jaune d'œuf représente le médium pour lier les pigments, naturels ou chimiques. L'art consiste à séparer leblo_001 jaune du blanc, de passer plusieurs fois le jaune d'une main à l'autre pour enlever complètement le blanc, puis de pincer la peau du jaune pour la retirer. Il suffit ensuite d'ajouter des pigments et quelques gouttes de vinaigre blanc. Elle a confirmé ce qu'avait dit Sophie Van der Linden, elle utilise beaucoup de techniques cinématographiques, présentes, en particulier, dans le cinéma d'animation.: elle réalise une sorte de story-board, parfois une maquette comme pour "l'orage", la technique du décor comme pour "rêve de lune", puis des procédés connus comme le zoom, les différents types de plan...Par contre, elle n'utilise pas la photographie, elle préfère garder son travail de mémoire. Même lorsqu'elle réalise une maquette, elle s'en détache rapidement pour dessiner avec ses images mentales. Ensuite, vient le moment de la rencontre de l'éditeur. Elle fonctionne par affinités, par coups de cœur et n'hésite pas à changer d'éditeur : le Sorbier, Syros, Grandir, le Seuil, Sarbacane, pas par caprices mais parce que les responsables des collections changent souvent dans le monde de l'édition, ou par ce qu'une rencontre lors d'un salon a donné livrecomme2009_A_bdenvie de ...Elle envoie le story-board, une maquette de l'ouvrage, des planches. Intransigeante par rapport à ses dessins, elle commence à le devenir par rapport à ses textes qui sont, nous l'avions déjà noté, d'une grande qualité poétique. Elle a confiance en ses mots et elle pense à juste titre que l'on a chacun son vocabulaire pour exprimer les mêmes choses, alors pourquoi pensez que celui de l'éditeur est meilleur ! Le travail d'impression est lui aussi très délicat. On perd beaucoup du point de vue matière, mais on gagne  du point de vue de la continuité, du rythme grâce au livre.
Si vous voulez, vous rendre compte de son travail et la rencontrer, il vous suffit d'aller au square Catteau-Minerel le dimanche 28 juin. Le CDI, quant à lui, a fait l'acquisition de 3 albums "la terre tourne", "rêve de lune" et "l'orage" avant la parution de son dernier album en aout "rêve de poissons", dont on a eu la chance de voir le pré tirage.
Pascal Broutin

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Rencontre avec Sophie Van der Linden autour d'Anne Brouillard

28 mai 2009

brouillardCe mercredi 27 mai, les élèves de seconde, accompagnés par Mme Deroi et Mme Heitz ont eu la chance de rencontrer Sophie Van der Linden, à la médiathèque de Roubaix. Sophie Van der Linden, dont on a dressé un petit portrait dans un précédent billet, était venue partager son enthousiasme pour l'oeuvre de brouillard_001l'illustratrice Anne Brouillard, principale invitée de l'opération "livre comme l'air". Je vais essayer de refléter le contenu de son exposé, tout en ajoutant quelques touches personnelles.
Sophie Van der Linden nous propose dans un premier temps quelques éléments biographiques. Née en 1967 en Belgique d'une mère suédoise et d'un père belge, Anne Brouillard fait des études artistiques à l'institut Saint Luc de Bruxelles. Elle publie son premier album pour la jeunesse en 1990 "les trois chats". Elle rencontre la reconnaissance rapidement en 1993, au salon de Bologne, avec un premier prix pour son quatrième album "le sourire au loup". Ses ouvrages sont régulièrement réédités. Elle construit avec plus de 20 albums une brouillard_002véritable œuvre. Mais, pour Sophie Van der Linden, cette œuvre ne rencontre pas le succès, qu'elle mériterait, auprès du public. Tout au long de son exposé, nous allons comprendre les raisons de ce relatif insuccès. Première réponse : cette œuvre n'est pas évidente. Les albums sont muets. L'absence de texte déstabilise et ne correspond aux critères traditionnels de la lecture partagée. L'aspect brouillard_003narratif des albums avec ou sans image relève, aussi, souvent de l'anecdote : un voyage en train, un orage dans la campagne, deux personnes qui se téléphonent, les petites choses, les petits riens de la vie et non les grandes histoires épiques, mythiques, légendaires que l'on retrouve dans les contes traditionnels ou dans d'autres albums (Claude Ponti, Anthony Browne...). La vie quotidienne, le cycle de la vie remplacent l'aventure.  nous allons souvent sur les pas d'animaux et d'êtres humains qui vivent les mêmes évènements. Dans "la famille Foulque", nous assistons aux préparatifs de naissance, à la naissance puis à l'enfance d'un enfant et de petits foulques. Malgré cela, le phénomène d'identification n'est pas évident, car sauf, peut être dans ses quatre derniers albums, le trait des personnages n'est pas net, plutôt flout Je me demandais si cette tendance ajoutée à sa prédilection à peindre des paysages incluant quelques silhouettes de personnages ne témoignaient pas d'une certaine timidité dans sa rencontre de l'autre.
Notre conférencière a évoqué, ensuite, sa technique de travail. Elle utilise plusieurs techniques : le fusain dans "le voyage", le pastel, l'aquarelle, mais privilégie surtout la peinture à l'œuf (jaune d'œuf + pigments). Ses influences en peinture sont multiples  : des paysagistes comme Pierre-Henri de Valenciennes (1750-1819), William Turner (1775-1851), mais aussi,  Vincent Van Gogh. On retrouve de nombreux thèmes propres au nord : le pays plat, les canaux,  la couleur du ciel, des conditions climatiques difficiles (nuages, vents, neige, orage, brouillard) face à des intérieurs chaleureux, apaisants, dont la  cafetière rouge pourrait en être le brouillard_004symbole. Anne Brouillard complète son approche picturale par une approche cinématographique. La double page sans fond perdu, sans marge, s'apparente à l'écran de cinéma. Elle utilise parfois la technique de la caméra subjective pour découvrir les lieux comme dans "l'orage", le zoom comme dans "le sourire du loup" pour montrer les dents du loup, différents types de raccord...
Sophie Van der Linden nous entraine, ensuite dans la lecture  et une analyse passionnante de plusieurs albums ,en particulier "l'orage" et "la Terre tourne". Elle nous démontre qu'on peut regarder ces albums comme des beaux objets esthétiques. Mais à y regarder de plus près, ces albums ont demandé beaucoup de temps dans leur construction. Pour "l'orage", l'auteure a même construit une maquette pour mieux dessiner son espace. Et notre travail, en tant que lecteur, je dirais plutôt notre jeu, consiste à reconstruire l'espace et le temps de l'écriture. Pour y parvenir, il faut plonger dans ces albums, aller à la rencontre des petits motifs que sont les êtres humains, les animaux, les objets, pour les retrouver d'une page à l'autre et même d'un album à l'autre. Ces petits motifs représentent des fils à tirer. On peut ne pas les tirer, mais, alors, on passe à côté de l'œuvre. Ces albums représentent une invitation à l'exploration, à la recherche d'un trésor : le plaisir de la construction d'une histoire.brouillard_005 Dans "l'orage", des petits détails nous permettent de comprendre l'architecture du lieu et de nous retrouver dans l'espace. D'autres détails nous indiquent le passage de l'orage à ses différents stades.  Le plaisir réside dans l'aspect esthétisant mais surtout dans le plaisir intellectuel de la découverte. On peut lire et relire les albums, on trouvera toujours de nouveaux indices, de nouvelles pistes. On peut les lire et les relire, aussi, pour le plaisir de son écriture très poétique. Alors  pour toutes ses raisons et bien d'autres encore, partez à l'aventure dans l'univers de cette grande illustratrice que nous aurons la chance de rencontrer le 10 juin. Merci à Sophie Van der Linden pour cette mémorable préparation au voyage
Pascal Broutin

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